
Enlever moisissure sur tissu sans l’abîmer : la méthode pas à pas
3 novembre 2026Chaque hiver, des centaines de feux de cheminée démarrent dans un conduit de fumée encrassé. Savoir ramoner une cheminée, c’est surtout comprendre une méthode précise, du matériel adapté et un cadre légal qui varie selon l’appareil. Voici la procédure à suivre, puis les règles à connaître et les coûts à prévoir. Les règles décrites ici concernent la France, celles de la Belgique ou du Québec étant différentes.
Comment ramoner une cheminée
Le ramonage consiste à décaper les parois du conduit pour retirer la suie et la créosote qui s’y déposent à chaque flambée. Il se fait à froid, foyer éteint depuis au moins 48 heures, avec des cendres froides retirées au préalable. Le matériel de base tient dans un kit de ramonage : une brosse de ramonage, des tiges de ramonage flexibles qui se vissent bout à bout, un aspirateur à cendres, une bâche, des gants, des lunettes et un masque FFP2.
Le choix de la brosse compte. Pour un conduit maçonné en briques ou en boisseaux, on utilise une brosse en acier. Pour un conduit tubé en inox, un poêle à bois ou un insert, on prend une brosse en nylon ou en polypropylène, qui n’abîme pas la paroi. Le diamètre de la brosse doit correspondre à celui du conduit, ni trop serrée, ni trop lâche.
- Préparer la zone : dégager le foyer, retirer les cendres froides, couvrir le sol et les meubles proches.
- Fermer l’ouverture du foyer avec une bâche ou un plastique fixé au ruban adhésif, en ne laissant passer que les tiges.
- Visser la brosse sur la première tige, puis l’introduire dans le conduit.
- Ramoner par mouvements de va-et-vient, en rallongeant les tiges au fur et à mesure. Si vous partez du toit, vous travaillez de haut en bas ; par le bas, vous remontez en frottant toute la hauteur.
- Laisser la suie tomber dans le foyer, puis l’aspirer et la mettre dans un sac étanche.
- Contrôler le résultat : à la lampe, les parois doivent apparaître nettes, sans dépôt brillant ni croûte noire.
- Remettre en place la trappe et le déflecteur, puis faire un petit feu d’essai pour vérifier que le tirage est correct.
Montez sur le toit uniquement si vous disposez d’un équipement de sécurité (harnais, échelle de toit) et d’un accès praticable. Dans le doute, ramonez par le bas : la procédure est un peu plus salissante, mais bien moins risquée.
Bûche de ramonage : une fausse bonne idée
Les bûches vendues comme « ramonage » ne font qu’aider à fragiliser les dépôts. Elles ne remplacent pas le passage mécanique de la brosse et ne donnent aucune valeur légale. Utilisez-les en complément, jamais à la place.
Quand faut-il ramoner sa cheminée ?
La fréquence annuelle minimale est d’une fois par an. Le bon moment se situe en début d’automne, avant la première flambée, pour partir sur un conduit sain. Si vous chauffez beaucoup, notamment avec un poêle à bois ou un insert en usage quotidien, un second passage en milieu de saison limite l’accumulation de suie.
Le règlement sanitaire départemental fixe les règles locales. Il prévoit en général deux ramonages par an pour les combustibles solides et liquides (bois, charbon, chauffage au mazout), dont un pendant la période de chauffe, et un seul pour le gaz. Consultez celui de votre département, car certains textes diffèrent.
| Type de chauffage | Fréquence habituelle |
|---|---|
| Cheminée ouverte, insert, poêle à bois | 1 à 2 fois par an |
| Chaudière au mazout | 1 à 2 fois par an selon le département |
| Chaudière ou poêle à gaz | 1 fois par an |
Ramoner soi-même ou faire appel à un ramoneur ?

Rien n’interdit de ramoner soi-même une cheminée simple et accessible. L’opération demande du temps, un équipement correct et une bonne lecture de l’état du conduit. Un particulier ne repère pas toujours une fissure, un bistre épais ou un tubage abîmé, des défauts qui augmentent le risque d’incendie et les fuites de monoxyde de carbone.
Le point décisif est la preuve. Seul un ramoneur professionnel remet une attestation de ramonage, document que l’assurance habitation peut réclamer après un sinistre. Pour un immeuble, un conduit tubé, un toit difficile d’accès ou un appareil récent sous garantie, le recours à un professionnel est la meilleure option.
Obligations légales du ramonage
Le ramonage n’est pas une simple recommandation : il est imposé par le règlement sanitaire départemental, et par le contrat d’assurance dans bien des cas. En cas d’incendie, l’absence de justificatif peut conduire l’assureur à réduire, voire refuser, l’indemnisation. Le non-respect du règlement expose aussi à une amende, qui peut atteindre 450 €.
Conservez chaque année le certificat remis par le ramoneur. Il mentionne la date, l’appareil concerné, la méthode employée et les éventuelles anomalies constatées.
Locataire ou propriétaire : qui doit payer et faire ramoner ?
Le ramonage relève de l’entretien courant du logement. Le locataire le prend donc en charge, y compris pour une cheminée existante, et doit transmettre l’attestation au bailleur si celui-ci la demande. Le propriétaire occupant paie évidemment lui-même. Le propriétaire bailleur ne supporte que les travaux de réparation, par exemple un conduit fissuré ou un tubage à remplacer.
En copropriété, un conduit collectif est généralement ramoné à l’initiative du syndic, avec les frais répartis dans les charges. Vérifiez le règlement de copropriété pour savoir qui commande l’intervention.
Pourquoi ramoner et combien ça coûte ?

Chaque combustion dépose de la suie, et le bois humide produit en plus de la créosote, un goudron inflammable qui adhère aux parois. Lorsque la couche épaissit, une simple flambée vive peut l’enflammer : c’est le feu de cheminée, très violent, qui monte parfois à plus de 1 000 °C et peut gagner la charpente. Un conduit encrassé rétrécit également le passage des fumées et favorise le refoulement du monoxyde de carbone, un gaz inodore et mortel.
60 à 120 € : la fourchette d’un ramonage standard
Le tarif du ramonage dépend de la région, de l’accessibilité du toit et du type d’appareil. Un ramonage de poêle ou d’insert se situe souvent dans la partie basse de la fourchette, un conduit tubé ou difficile d’accès dans la partie haute. Demandez deux devis et méfiez-vous des démarcheurs à domicile qui annoncent des prix très bas.
Pour limiter l’encrassement entre deux passages, brûlez uniquement du bois sec (moins de 20 % d’humidité, stocké au moins deux ans à l’abri), évitez de laisser le feu couver à petite allure et n’y jetez ni cartons imprimés ni bois traité. Un détecteur de monoxyde de carbone installé près de l’appareil complète utilement ces précautions.




